En … avent !

 

          « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. »

          Je n’hésite pas à qualifier cette toute courte prière de sublime. C’est toujours avec une certaine émotion que je la prononce. En quelques mots, elle résume le mystère de l’Incarnation : « Etre unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. »

          Une toute petite goutte d’eau, non bénite !, qui, mêlée au vin, symbolise la relation étroite et fusionnelle qui existe entre le Créateur et ses créatures.

          Un souhait formulé, à l’offertoire, par le diacre (ou, à son défaut, le prêtre) qui dépose une goutte d’eau dans le calice contenant le vin. Le vin y est d’abord et on y plonge la goutte. Cette goutte va, littéralement, être « noyée » dans le vin, « plongée » dans ce qui deviendra mystérieusement, au moment de la consécration, le sang du Christ.

          La période de l’Avent qui s’ouvre à nous nous est donnée par l’Église pour nous préparer à accueillir la divinité de Celui qui a pris notre humanité, pour nous préparer à sa venue, en latin ‘adventus’.

          Nous sommes invités à aller à la rencontre de Dieu fait homme, à préparer nos cœurs et nos esprits, à les ouvrir tout grands pour faire place, pour faire de la place à ce Dieu qui épousera notre condition humaine et la partagera jusque dans la mort.

          En nous préparant, durant près de quatre semaines, du 1 au 24 décembre, à accueillir l’enfant Jésus, nous faisons mentir cette phrase désolante de l’évangile de Luc (2, 7) : « Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

          Que, chez chacune et chacun d’entre nous, il y ait une place pour l’accueillir dans nos cœurs, bien sûr, mais peut-être aussi dans un espace physique, là où nous demeurons, une place qui lui est réservée, qui lui est dédiée, un espace qui, concrètement, nous rappelle sa présence parmi nous, sa présence chez nous. Nous donnerons ainsi vie à cette parole de l’évangile de Jean : « La Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous. » (Jn 1, 14)

          En avant vers l’Avent.

Michel Welkenhuyzen

Diacre permanent

                                                             

NOEL, VRAI VISAGE DE DIEU

          Que retenons-nous trop souvent de Noël ?

          Le petit Jésus dans la crèche, l'âne et le boeuf, les bergers... en un mot, nous avons transformé une réalité brutale, celle d'un homme et d'une femme sur le point d'accoucher à la recherche d'un gîte (pensons aux sans abri qui mendient sur les trottoirs de nos villes et qui dorment dans l'entrée d'une banque ou le renfoncement d'un grand magasin) en un fête gentille, devenue fête familiale où l'on se retrouve dans la chaleur d'un foyer autour d'un bon repas et de cadeaux partagés.

Et le monde contemporain s'est emparé de cette fête pour en faire un événement commercial, une débauche de lumières, une grande célébration de l'appétit, un festival de l'hyper-consommation...

          Est-ce cela Noël ? Fondamentalement, non !

Car, c'est le mystère de Dieu que nous révèle Noël. Dieu s'est fait homme ; il s'est incarné et, dans le petit Jésus de la crèche, je vois le visage de Dieu. « Qui me voit, voit mon Père » a dit Jésus (Jean14,9). Noël est le visage parfait de Dieu.

          Le visage d'un homme ou d'une femme nous donne une certaine idée de ce qu'est cette personne. Mais il ne nous permet pas de comprendre l'ensemble de sa personnalité. Car, chaque être humain est un mystère qui ne se révèlera jamais entièrement. Que dire alors de l'image de Dieu dans la personne de Jésus ? Jamais, nous ne pourrons connaître le mystère profond de Dieu. Alors, nous nous servons de symboles.

En voici deux exemples qui s'appliquent particulièrement à Noël.

          La lumière. Nous fêtons Noël la nuit. La nuit, c'est l'heure des ténèbres propices aux mauvais coups, aux voleurs, cambrioleurs... Et Isaïe nous annonce : « Sur le peuple qui marchait dans les ténèbres, s'est levée une grande lumière » (9 ,1)

C'est la lumière encore fragile de l'étoile qui guidera les mages vers Bethléem. Dans notre vie de chrétien, c'est le cierge reçu au baptême et qui symbolise la lumière de la vie de Dieu en nous.

Cette lumière de Noël nous permet d'espérer un monde meilleur à condition que nous essayions de la rayonner autour de nous !

          Un autre symbole du visage de Dieu à Noël, c'est la Parole.

Elle est le centre de l'évangile de la messe du jour de Noël. Alors que celui de la nuit de Noël raconte ce qui s'est passé à Bethléem, Saint Jean proclame :  « Au commencement était le Verbe...Le Verbe était Dieu... et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous » (Jean 1,1et 14).Jésus, petit enfant (« infans » en latin signifie « celui qui ne sait par parler »), incapable d'émettre la moindre parole, est la Parole de Dieu. A nous de nous en nourrir et de la faire connaître...

          A Noël, c'est dans la nuit de nos coeurs que vient la lumière du visage de Dieu,

c'est dans notre silence que vient résonner la Parole, le Verbe de Dieu. Cette lumière et cette Parole nous indiquent le chemin de Vie que nous sommes invités à prendre.

          Celui et celle qui entrent dans l'étable de Bethléem ne doivent pas seulement se laisser attendrir ou rester bouche bée de surprise ou d'émerveillement ; ils doivent surtout tomber à genoux et adorer.

          Tout l'évangile, tout le mystère de Pâques est déjà contenu dans la fête de Noël, dans le mystère de l'Incarnation qui nous révèle le vrai visage de Dieu.

C'est la raison pour laquelle nous pouvons nous réjouir avec les anges et nous souhaiter mutuellement une sainte et joyeuse fête de Noël. En n'oubliant pas que le travail de la Parole et de la Lumière de Dieu ne fait que commencer et que, là aussi, nous avons notre rôle à jouer, le rôle de serviteur de la Parole et de rayonnement de la Lumière.

DAEMEN

 

Joyeux Noël et

Bonne année

 

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