Voici le Bulletin N°20.

 

Bonjour,

Pour des raisons de Covid, il n’y a pas eu de Bulletin N° 19.

Voici donc le N°20, plus long, sous un autre format (livret) plus facile à transporter et donc à lire et relire. Donnez-nous votre avis pour nous aider à encore l’améliorer.

Merci.

 

 

 

 

Conseil Diocésain et élections statutaires

 

Toujours pour des raisons sanitaires et de respect des règles de « distanciation sociale », le Conseil Diocésain prévu pour le 20 septembre 2020 et les élections statutaires prévues pour ce jour n’auront pas lieu.

Une « Communication Diocésaine » sera adressée à tous les responsables de groupe du Diocèse à ce sujet. Un rapport sera inclus dans le prochain Bulletin.

 

 

L’automne, chemin d’espérance…
malgré la chute des feuilles, les journées qui raccourcissent et le Covid-19.

 

L’année 2020 que tout le monde espérait meilleure que toutes les précédentes nous a pris de court avec un invité surprise appelé « Covid-19 ». Ce coronavirus, d’abord jugé insignifiant, simple « grippette » inoffensive, a pris les commandes de notre monde, l’immobilisant dans un confinement quasi général, semant la mort et la désolation, le doute et l’incertitude économique et sanitaire.

Ce compagnon imposé par la nature, il faut bien l’admettre, fera la route avec nous pendant de nombreux mois, voire des années. La course au(x) vaccin(s) et aux traitements, bien que mondiale et intensive peut ne pas aboutir ou ne donner que des résultats mitigés. Les virus sont de drôles d’organismes qui mutent en permanence, incapables de se reproduire sans commettre d’erreurs dans leur structure génétique (ARN). Cela les rend imprévisibles. Ils peuvent ainsi passer d’inoffensifs à dangereux, mortels, et vice-versa, sans crier gare.

Ne voyez pas en mes propos le reflet d’un esprit pessimiste. Je suis plutôt de nature optimiste, mais il faut savoir tempérer son optimisme par une bonne dose de réalisme, surtout quand il s’agit de constater les limites actuelles de nos connaissances et de la science.

Le Covid-19 n’est pas une fatalité, n’est pas la fin de toutes choses. C’est une opportunité qui nous est donnée de repenser notre mode de vie, de réévaluer nos priorités, de vivre autrement et non de simplement survivre à cette crise.

Vivre autrement…

Vous me direz que le confinement, puis le déconfinement, ont déjà bien modifié nos comportements, nous forçant à l’isolement, à l’apprentissage et au respect des « gestes-barrière », du port du masque, des « bulles » sociales et familiales. Beaucoup d’entre nous ont dû supporter la maladie, la leur et ont peiné à s’en remettre, ou celle d’un proche qui nous a peut-être quittés et auquel nous n’avons pas pu donner ce petit réconfort d’un dernier regard, d’un dernier adieu. Finies les manifestations de masse, les foules qui se pressent sur les marchés, dans les stades ou les concerts. Les places sont limitées dans les théâtres, les cinémas et même dans nos églises.

Et nos eucharisties ont également un autre visage : assemblée dispersée et masquée, obligée d‘écouter chanter une chorale limitée parfois à 1 personne, sans pouvoir chanter pour l’accompagner, interdite de gestes de convivialité et de partage. Cela peut nous sembler triste, voire contraire à l’esprit qui doit animer nos célébrations. Mais cela peut être l’occasion d’un moment d’intériorité, derrière le masque, et de communion profonde avec toute l’Église et toutes les églises du monde dans lesquelles des fidèles prient.

Lorsque, enfin, nous pourrons célébrer « comme avant », nous aurons retrouvé les valeurs que nous avions peut-être délaissées ou oubliées et redonner à nos eucharisties leur vraie signification et en faire un vrai moment de communion, avec Dieu et sa Parole, avec le Christ et son Corps, avec nos frères présents ou absents.

C’est aussi l’occasion de retrouver une vie intérieure, lorsque, dans nos maisons ou appartements, la solitude forcée nous permet de replonger en nous-mêmes, non pour nous apitoyer sur notre sort, mais pour retrouver cette flamme que l’Esprit a mise en nous, que nous avions peut-être laissé s’éteindre ou vaciller, et la ranimer. Dieu nous parle dans le silence ou dans le « murmure d’une brise légère » (comme l’a si bien compris le prophète Élie).

L’année 2020 a vu, avec l’hiver, arriver la pandémie. Au printemps, celle-ci s’est installée dans nos régions. L’été et ses vagues de chaleur, la canicule qui nous écrase au moment d’écrire ces lignes, nous avait redonné un peu d’espoir face au coronavirus, mais il est bel et bien encore là et se rappelle à nous dans les sirènes des ambulances qui passent sous nos fenêtres et dans les visages masqués que nous croisons à chaque sortie.

L’automne est là…

« En septembre, les réunions de groupes devraient reprendre leur rythme habituel et au fil des mois, nous pourrons découvrir le contenu de la nouvelle brochure sur le thème de l’écoute. Pour plusieurs groupes, ce sera une rencontre après une longue période sans réunion. Durant ces mois, nous avons vécu des moments très particuliers spécialement pour ceux qui ont connu une période de confinement. Nos relations ont changé : le regard porté sur les autres est devenu différent mais pas moins bon. Combien de fois n’avons-nous pas entendu ou lu ces quelques mots ‘’prenez soin de vous et des autres’’. C’est ce que nous avons essayé d’appliquer. Nous avons davantage porté attention à autrui et il serait bon de continuer ainsi. Si le confinement fut pénible pour beaucoup, retenons son aspect positif. Il nous a permis de reprendre des habitudes perdues et des loisirs abandonnés souvent pour cause d’autres préoccupations. Le moment de reprendre le côté positif de cette période est bien là et l’automne nous y invite.

Adieu, vive clarté ! L’été s’en est allé comme les feuilles vertes et fera bientôt place à l’automne. Déjà les feuilles des arbres voltigent dans l’air et formeront bientôt un tapis multicolore sur les pelouses et dans les allées des parcs. Qu’elles soient jaunes, rouges ou oranges, toutes ravissent les yeux des promeneurs. L’automne n’est pas une saison qui marque le deuil de la nature mais pour nous chrétiens, c’est un chemin d’espérance qui nous conduit à Noël. Espérance en un monde meilleur où le Covid et ses ravages seront vaincus. Les derniers soleils de la saison estivale et les soirées plus longues sont propices à la lecture d’un beau livre et à toute activité artistique qui nécessite un temps assez long. Pourquoi ne pas reprendre la lecture d’un livre oublié même s’il n’est plus de notre époque. Ainsi, ‘’Le temps des souvenirs ‘’ de Pagnol m’a attiré après des années où il était abandonné dans une armoire. Lecture bien différente des nombreux livres de Jean d’Ormesson et que je lisais volontiers ; différente car les deux auteurs n’ont rien de commun. » (Suzanne)

Pour vous amener sur ce chemin d’espérance, nous vous proposons de méditer la fin de ce long et beau poème de Charles Péguy… :

l'Espérance aime ce qui sera.

Dans le temps et dans l'éternité.

 

Pour ainsi dire dans le futur de l'éternité.

 

L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.

Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera

Dans le futur du temps et de l'éternité.

 

Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.

Sur la route montante.

Traînée, pendue aux bras de ses deux grandes sœurs*,

Qui la tiennent pas la main,

La petite espérance.

S'avance.

Et au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l'air de se laisser traîner.

Comme une enfant qui n'aurait pas la force de marcher.

Et qu'on traînerait sur cette route malgré elle.

Et en réalité c'est elle qui fait marcher les deux autres.

Et qui les traîne.

Et qui fait marcher tout le monde.

Et qui le traîne.

Car on ne travaille jamais que pour les enfants.

 

Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912

  

* La Foi et la Charité

Christian Liebenguth, Suzanne Wollaert.

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